Rappelons tout d’abord que dans le Coran, l’égalité dans le droit au divorce est claire : il y a trois types de divorce selon le Coran :

1-le divorce par consentement mutuel : Coran 4/35 et Coran 4/130.

2-le divorce sur demande de l’époux : Coran 65/1-8 (le mari donne une « mutuaa » don de consolation à l’épouse)

3-le divorce sur demande de l’épouse : Coran 2/229 (la femme donne à l’époux le « khul’ » comme don de consolation).

Nous nous intéressons ici au divorce sur demande de l’époux (65/1), et aux devoirs et aux droits que le Coran lui prescrit.

Nous mettons cela en regard du droit de l’époux victime d’une tromperie alors qu’il vit maritalement, sans intention de divorce.

Nous allons montrer pas à pas la complémentarité de ces droits et devoirs dans ces deux situations

65/1 et/ 4/15 : abrogation, contradiction ou complémentarité ?

On doit d’abord souligner le fait que pour qu’il y ait abrogation ou contradiction entre deux versets de deux sourates différentes, il faudrait bien évidemment que ces deux versets concernent en tous points une même situation.

Or, 65/1 s’inscrit exclusivement dans le cadre d’un processus de divorce, cadre qui est d’emblée fixé par le titre même de la sourate.
Dans ce cadre et seulement donc dans ce cadre, l’homme voulant divorcer est tenu de garder la femme chez elle durant la période d’attente de son cycle – sauf s’il est avéré qu’elle a commis une infamie pendant ce processus de divorce et, qui plus est, pendant l’attente de son cycle.

Dans ce cas, l’homme est libéré de son obligation de garder sous son toit la future divorcée, ce qui se comprend !

S’il devait la garder, il serait bien évidemment lésé, devant entretenir une femme qui l’a trompé !

4/15 s’inscrit par contre dans le cadre d’une vie maritale (et non dans le cadre d’un divorce en cours), avec infamie avérée. Il n’est donc nullement question ici de savoir si l’homme doit garder ou expulser la femme, ce qui n’aurait aucun sens puisqu’il s’agit de l’épouse avec qui il souhaite toujours vivre, mais il est question de savoir ce qu’il doit faire en cas d’infamie constatée de cette épouse toujours désirée ; le verset indiquant que l’épouse devra rester chez elle jusqu’à nouvel ordre, bref qu’elle ne va pas, après avoir commis une infamie, se trouver en plus dégagée de son obligation maritale et faire ce qu’elle veut, ce qui se comprend également très bien !

S’il en allait autrement, l’homme serait bien évidemment lésé, ayant subi une tromperie et devant laisser la femme libre ensuite de le quitter !

En conclusion, il apparaît clairement que ces deux versets concernent deux situations complètement différentes ; le point commun étant que l’homme victime de la femme, que ce soit pendant le processus de divorce ou dans le cours de la vie maritale, ne doit pas être lésé.
De sorte que si l’on fait le rapprochement, les deux versets, loin d’être contradictoires ou s’abrogeant se révèlent en fait parfaitement complémentaires.

***

Les versets :

[4:15] Celles de vos femmes qui commettent l’infamie, faites témoigner contre elles quatre d’entre vous. S’ils témoignent, alors retenez-les dans leur maison jusqu’à ce que la mort s’empare d’elles ou que Dieu ne leur trouve une issue.
[4:16] Les deux d’entre vous qui l’ont commise, sévissez contre eux. S’ils se repentent ensuite et se réforment, laissez-les. Dieu est Rédempteur, Miséricordieux.

[65:1] Ô prophète, quand vous divorcez des femmes, divorcez d’elles à l’issue de leur période d’attente, et comptez cette période d’attente. Prémunissez-vous de Dieu, votre Seigneur. Ne les expulsez pas de leur maison, et qu’elles n’en sortent pas, à moins qu’elles n’aient commis une infamie claire. Telles sont les limites de Dieu. Quiconque transgresse les limites de Dieu est injuste envers lui-même. Tu ne sais pas si après cela Dieu ne suscitera pas quelque chose de nouveau.
[65:2] Puis quand elles atteignent leur terme, retenez-les convenablement, ou séparez-vous d’elles convenablement, et prenez à témoin deux hommes justes parmi vous.

Publicités