Le bilan de Michel Orcel, chercheur chrétien, concernant l’existence de Muhammad pbsl :

 
« Un certain consensus (oulémas et scientifiques occidentaux) se dégage pour considérer un noyau de ‘aḥādiṭh comme totalement authentique (p.20). Cependant, cela ne lui semblant pas satisfaisant, il nous expose ensuite les traces non musulmanes, contemporaine au Prophète.
 
Rappelant la quasi-inexistence de preuves « historiques » de l’existence de Jésus, au sein des écrits de l’époque (Romains, Syriaques, Juifs …), il souligne qu’ « il n’en va pas de même pour l’existence du Prophète de l’islam, sur laquelle on possède des témoignages assez précis et quasiment contemporains des événements ».
 
Son enquête hors des sources musulmanes commence par une citation de la Doctrina Jacobi : sorte de conversation romancée entre des juifs de Carthage parlant du messie chrétien et du prophète des Arabes. Ce texte rédigé entre 634 et 640, laisse entendre que le « prophète des Sarrasins » est toujours vivant. L’auteur juge que cette différence de deux ans (minimum) entre la mort supposée de Mahomet (632) et ce récit est négligeable, au point même de confirmer l’exactitude de la biographie officielle du prophète. (p.23).
 
Nous continuons ensuite avec la chronique syriaque de Thomas le Presbytre, texte à vocation historique, rédigée en 640 ou l’on mentionne « les Arabes de Mahomet en Palestine » qui auraient combattu les Romains en 634.
 
Autre source chrétienne, une Histoire d’Héraclius datée de 660, dont on ignore l’auteur, et dans laquelle sur une vingtaine de lignes, il est question d’un enfant d’Ismaël nommé Muḥammad qui ressemble beaucoup au Prophète de l’islam. Le texte le dit marchand devenu prédicateur, très instruit, très versé dans l’histoire de Moïse, qui pousse les Arabes à revenir au culte d’Abraham, à ne pas manger de charogne, ne pas boire de vin, ne pas mentir et ne pas forniquer. (p25).
 
On notera avec l’auteur que cette source « confirme, de l’extérieur, le portrait canonique du Prophète, négociant puis chef de guerre, connaissant bien ‘’le Dieu d’Abraham’’ … » (p.25).
 
Nous en venons ensuite à une source anonyme nestorienne plus tardive (660-670 est-il précisé) : on raconte ici les misères des Perses contre les Arabes (aussi nombreux que les sables au bord de la mer), dirigés par un Muḥammad. Mais une nouvelle fois, le Prophète, n’est pas censé avoir dirigé les attaques en Perse, qui ont commencé en 637, cinq ans après sa mort supposée. Autre aspect intéressant de ce texte: on y parle de la « coupole d’Abraham », qui aurait été bâtie dans un lieu isolé et qui existerait encore. L’auteur du texte suppose que le bâtiment est à Médine (en lieu et place de la Mecque, qu’il ne mentionne pas), (p.28).
 
Enfin dernier indice : les Secrets de Rabbi Siméon ben Yohay, un fragment d’Apocalypse juive. C’est l’histoire, contée au VIIe siècle, d’un rabbin qui vivait au IIe siècle et à qui un ange annonce la venue d’un prophète arabe, qui répandra la terreur et libérera les Arabes du joug byzantin.
 
« Au total, s’ils ne sont pas des « preuves », ces documents attestent avec un haut degré de fiabilité de l’existence de Mahomet, prophète arabe, et d’une partie de son enseignement. » conclut Michel Orcel (p.30, référence : L’invention de l’Islam).
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