On le sait, en Islam la nomination de Dieu s’affranchit de toute filiation. Il n’est plus le « Père » que l’on trouve dans la Torah (Deutéronome 14/1 et 32/6, Exode 4/22, Isaïe 64/7) ou l’évangile (nombreuses références). Ce n’est pas qu’une question de nomination, mais de relation. Qui dit « père », dit « enfant », et Dieu ne destine pas l’homme à rester un enfant, même à l’égard de Dieu.

L’homme est appelé par le Coran à assumer un degré de responsabilité totale :

Coran, 17/13 : « Nous avons rendu tout homme responsable de sa destinée et, le Jour de la Résurrection, Nous lui présenterons un livre qui sera, sous ses yeux, étalé. »

Cette responsabilité ne signifie évidemment pas que l’homme serait affranchi de Dieu, mais que sa relation à Dieu n’a de sens que si l’homme assume sur terre sa vocation divine.

Tout ce que l’homme fait POUR Dieu n’est que préparatif à ce que l’homme doit faire PAR Dieu.

L’homme est appelé à manifester, rayonner, rendre Dieu visible sur terre.

Cette redoutable mission apparait dans le Coran avec l’expression « khalîfa ».

Le mot arabe « khalîfa », est dérivé du verbe « khalafa » (qui veut dire « prendre la place de » : il signifie étymologiquement « celui qui prend la place de », « remplaçant de ».

Coran, Verset 2/30-31 : « Lorsque Ton Seigneur confia aux anges: Je vais établir sur la terre un représentant, ils dirent: Vas-Tu y désigner quelqu’un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? – Il dit: En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas !.

Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses). »

Ce verset nous apprend d’une part que les anges répondent à Dieu, d’autre part qu’ils voient ou pressentent que l’homme est capable du pire. Il nous apprend enfin que les anges ne voient pas aussi loin que Dieu Voit (ce qui est évident), autrement dit que si l’homme est capable du pire, il est aussi capable du meilleur. Un meilleur qui dépasse tout ce que les anges peuvent voir ou pressentir !

2/34 : « Et lorsque Nous demandâmes aux anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les infidèles. »

Ce que nous apprend ce verset, c’est que l’homme bénéficie de la prosternation – acte de soumission, d’adoration – des anges : autrement dit que les anges sont appelés à servir l’homme.

14/32-34 : « Dieu est Celui qui a fait descendre du ciel une eau puis a fait apparaître grâce à elle des fruits, comme nourriture pour vous. Et Il a assujetti pour vous le navire afin qu’il vogue sur la mer par Sa Permission. Et Il a assujetti pour vous les fleuves. Et Il a assujetti pour vous le soleil et la lune, voués à un perpétuel mouvement. Et il a assujetti pour vous la nuit et le jour. Et Il vous a donné de tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptez les bienfaits de Dieu, vous ne pourrez les dénombrer… » 

Le Coran nous apprend ici d’une part que la création est au service de l’homme, finalisée pour l’homme : « pour vous » ; d’autre part que l’homme bénéficie a priori sans restriction de la Générosité de Dieu.

De sorte que s’il en vient à se plaindre, s’il se trouve démuni, si le malheur s’abat ensuite sur lui, c’est qu’il aura tourné le bien en mal.
Rappelons-le encore : Dieu a « rendu tout homme responsable de sa destinée. »

Bilan et conclusion. L’homme a sur terre une mission de la plus haute importance. Il bénéficie pour y parvenir de tout ce qu’il faut et même plus ; et en particulier du service des anges. Si l’homme dévie de sa mission, s’accapare les ressources, exploite les créatures, cause du tort à son semblable, ment, pille, salit, rabaisse, c’est non pas qu’il a « oublié » sa mission, mais qu’il en a démérité.
Nous sommes prévenus : « Afin que vous ne disiez pas au Jour de la Résurrection : Nous étions ignorants de cela.» Coran, 7/172.

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