[3:64] Dis : « Ô gens du Livre, venez à une Parole commune entre vous et nous : que nous n’adorions que Dieu, que nous ne Lui associons rien, et que nous ne nous prenions pas les uns les autres pour seigneurs au lieu de Dieu ». S’ils se détournent, dites alors : « Soyez témoins que nous sommes soumis ».

Que nous dit cette Parole ?

Qu’il existe bel et bien, de façon effective, une Parole commune aux juifs, chrétiens et musulmans.

Première implication : cette Parole se trouve nécessairement dans la Torah, l’évangile et le Coran.

Deuxième implication ; cette Parole commune, qui se trouve dans la Torah, l’évangile et le Coran, est unificatrice : capable de transcender les différences.

Voici donc cette Parole commune :
« Que nous n’adorions que Dieu, que nous ne Lui associons rien ».
Quelle que soit notre idée de Dieu, nous pouvons nous retrouver  à n’adorer que Lui. Cela suppose de transcender toute représentation pour laisser ressortir la Transcendance de Dieu. Cette Transcendance  implique nécessairement « que nous ne nous prenions pas les uns les autres pour seigneurs au lieu de Dieu ».

Contrairement à une idée reçue, ce verset concerne aussi bien les musulmans que les juifs et les chrétiens. Il appelle certainement les chrétiens – en particulier – à dépasser la représentation trinitaire de Dieu, mais il avertit aussi les musulmans de ne pas associer – en particulier – quelque parole humaine que ce soit à la Parole de Dieu : « que nous ne Lui associons rien ».
Pas plus que les chrétiens ne doivent prendre pour Parole de Dieu tout le contenu des évangiles (sans parler des écrits qui ont suivi), pas plus les musulmans ne doivent prendre pour Parole de Dieu tout le contenu du hadith (sans parler des écrits qui ont suivi).

Plus capital encore : en venir à une Parole commune entre deux ou trois parties, c’est :

1) convenir que cette Parole est bien commune entre ces parties (ce qui n’est pas insurmontable, ni même très difficile) ;

2) établir cette Parole commune comme convention entre ces parties.
C’est proprement et exactement le sens de « venez à une Parole commune entre nous et vous » : en venir à une parole commune, c’est d’abord nécessairement convenir qu’elle existe ; pour ensuite l’établir comme convention entre les parties.
Il ne s’agit pas qu’une des parties viennent sur le terrain de l’autre ou des deux autres ; il s’agit que les parties s’entendent sur un terrain commun ; en l’occurrence, cette Parole commune.

Implication et conclusion fondamentale : contrairement à une idée reçue, le Coran n’appelle pas à une conversion de qui que ce soit, mais bien à une convention réciproque. Le « nous » et le « vous » ne sont nullement effacés, niés : autrement dit la différence demeure. Par contre les parties concernées partagent quelque chose en commun.
C’est ce qu’on définit et représente en mathématique en tant que l’intersection de deux ensembles ou plus.

« L’intersection de deux ensembles A et B est l’ensemble, noté A∩B, qui contient tous les éléments appartenant à la fois à A et à B, et seulement ceux-là. »


Dieu nous demande à tous de transcender la représentation de nos ensembles fermés : ou, pour le dire autrement, de cesser de Le représenter comme associé à notre ensemble religieux et rien qu’à lui.

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