Commentaires greffés sur une discussion entre un musulman et un athée. Malheureusement le musulman fait des réponses qui ne peuvent que heurter le bon sens.

LE MUSULMAN Le Bon musulman il suit la tradition des 4 écoles et suit l’avis des savants de sa religion.

Le mauvais il dit que tous les savants sont corrompus et vendus à l’Occident et déclare que le seul qui mérite d’être suivi c’est Al Baghdadi.

En bref le bon musulman suit le Prophète saws qui à dit « Suivez la majorité, ma Communauté ne s’accorde pas sur une erreur ».

Le mauvais désobeit au Prophète saws.

Commentaire : Quel est ce hadith cité ? S’agit-il de ce que rapporte Ibn Maja :
« En vérité ma communauté ne s’accordera jamais sur l’égarement. A chaque fois que vous assistez à un désaccord, accrochez vous fermement au groupe le plus large ».

Quelle est la valeur historique de ce hadith (rapporté à 200 ans de distance du prophète) ?  
On peut avoir des doutes. Et quand on a des doutes, il faut se tourner vers le Coran.

Y-a-t-il une Parole coranique allant dans ce sens ? Aucune. L’idée que la majorité détiendrait la vérité est étrangère à toute l’histoire prophétique : les prophètes viennent toujours déranger les majorités, les traditions.
Quelle est la valeur rationnelle de ce hadith ? Elle est nulle pour la même raison : la majorité n’est pas un argument de vérité, pas plus d’ailleurs que la tradition ou l’avis des savants. C’est ce qu’on appelle « l’argument d’autorité ». 

Telle autorité a dit que, donc c’est la vérité. Or c’est la démarche inverse qui est juste : pour rechercher la vérité, c’est vers le Coran qu’il faut se tourner, et c’est aux arguments de raison qu’il faut avoir recours.

On voit qu’avec un seul hadith dont l’authenticité est loin d’être évidente, c’est tout le travail de recherche coranique et rationnelle qui est mis en cause. Or le Coran demande que soit mené ce travail. Le Coran demande à tout homme de réfléchir. Pas de suivre l’avis de la majorité.

 

L’ATHÉE Et qui valide ce que les « savants » religieux disent comme vrai ?

LE MUSULMAN Le consensus de la Oumma, comme indiqué dans le hadith.

Commentaire :  Les savants ne peuvent pas être dans l’erreur puisque la Oumma ne peut pas être dans l’erreur, puisqu’elle suit les savants !
Le type même du raisonnement circulaire.

L’ATHÉE Donc, ce n’est pas divin. C’est juste des humains qui se valident entre eux…

LE MUSULMAN Non c’est divin puisque cela vient du Prophète. La Sunnah, c’est de la révélation aussi.

Donc Allah à placé sa protection sur la Oumma comme l’a dit le Prophète : « Ma Oumma ne s’accorde pas sur une erreur ».

Commentaire : la Sunna acquiert maintenant le statut de révélation ! Or l’authenticité de la Sunna ne présente pas le caractère indiscutable de celle du Coran (puisque tous les hadiths ne sont pas validés comme authentiques, contrairement aux versets du Coran).
L’ATHÉE Et il faut croire sur parole un homme ? Et ses suivants ?
D ailleurs, je n ai jamais vu de vote pour designer des « savants » pour toute la oumma.

LE MUSULMAN On parle d’Islam et donc des musulmans. Il est évident que ces paroles ne te sont pas destinés. Les musulmans croient en cela. Donc ceux qui se séparent du consensus sont de mauvais musulmans et je pense qu’ils le savent ou alors ils sont bien ignorants de leur propre religion.

Ce n’est pas le vote, mais la reconnaissance générale de certains principes. Il ne s’agit pas d’avoir un Pape mais de la définition d’une certaine orthodoxie, et fondamentalement, cette orthodoxie, autant au niveau des croyances qu’au niveau des pratiques, fais consensus.

C’est pour cela que le Ijma est une source de droit depuis l’époque du Prophète.

Commentaire : les « mauvais musulmans » ! Comment peut-on porter un tel jugement, qui n’appartient qu’à Dieu ?
Quant au consensus (Ijma), il n’existait pas à l’époque du prophète, ce qui aurait été aberrant puisqu’il s’agissait de suivre non un consensus mais le prophète.
A noter également que les savants sont divisés entre eux sur la possibilité même d’établir ce fameux consensus et sur qui est habilité à le faire.
Citons juste l’imam ash-Shafi : « Qui sont les savants dont le consensus constitue, dans le cas où il est établi, une preuve évidente ? Il n’y a aucun pays où on ne rencontre pas de juristes qui ne reconnaissent pas la compétence de tels ou tels autres juristes. Ils s’accusent mutuellement d’être des ignorants ou de ne pas avoir le droit de prononcer des avis juridiques. Les uns invitent les gens à ne pas accepter les opinions des autres … Puis il y a les divergences à l’intérieur de chaque pays et les divergences entre les savants appartenant aux différents pays… Comment donc tous ceux-ci pourraient-ils être en accord au sujet d’une seule et même jurisprudence ? »

 

L’ATHÉE Ben oui. Il est là le souci. C est que le consensus n en est pas un. C est précisément pourquoi les « savants » n’ont aucune légitimité. Sans vote on ne peut savoir réellement s il y a consensus et sans preuve divine ils ne sont pas plus légitimes.

D ailleurs, c est cette pseudo légitimité qui fait que l islam a tout ce qu’il faut pour générer ses extrêmes.

LE MUSULMAN Ca te va très mal la mauvaise foi. Je sais que tu es capable de mieux que cela.

Il y’a un consensus de TOUTES les institutions islamiques sur ISIS et le terrorisme dans le monde musulman. Celui qui veut aller en Syrie et décapiter des gens ne trouvera qu’un soutient chez le pseudo-savant al Baghdadi et sa clique. Ils sont auto-légitimé.

Le savoir n’est pas démocratique, il est aristocratique par essence. Ceux qui n’étudient pas sont condamnés à suivre ceux qui étudient. C’est comme ça en Islam.

Qui suivre donc ? La majorité des savants. Et Dieu préserve la majorité de l’erreur.

Si tu ne crois pas en ça, ça m’est complétement égal puisque on parle du comportement du musulman par rapport à sa tradition. Donc le musulman qui va tuer avec ISIS et le musulman qui suit les savants ne sont pas égaux. D’un côté il y’a le mauvais musulman et de l’autre le bon musulman. Ce n’est pas qu’une affaire d’interpretation mais d’ignorance et d’égarement.

L’ATHÉE Oui. C est exactement ça : chacun peut designer les autres de mauvais musulmans.
Non tu as démontre toi même qu il n y a pas consensus.
Un consensus, c est l accord de tous. Et a priori l ensemble des croyants n ont pas été donner leur accord. Donc ce n est pas un consensus.
C est une forme d aristocratie qui s autocongratule d avoir le « savoir ».
Pas de différence avec une aristocratie nobiliaire ou une oligarchie politique comme il y a actuellement en place dans la plupart des pays du monde.

Il n y a donc absolument aucune légitimité des fameux « savants ». Seul le Coran est « légitime » en soi puisque prétendument révélation divine qui ne souffre pas d altération humaine.

LE MUSULMAN Non, la légitimité en droit musulman n’est pas uniquement dans le Coran mais dans une série de source. La Sunnah, je le repète, est révélation. La parole du Prophète a le statut de la révélation. Donc quand le Prophète dit : « Ma communauté ne fait pas consensus sur une erreur », c’est une parole révélée que chaque musulman doit suivre et accepter.

Les croyants n’ont pas à donner leur accord mais à suivre les savants. Il n’y a aucune démocratie du savoir en Islam. Sur le cas d’ISIS par exemple, il n’y aucun savant dans le monde qui à donner une légitimité à ISIS.

Le consensus autour de ISIS est total. Et d’ailleurs en fondement de la jurisprudence islamique, le terme consensus « ijma » ne nécessite pas un accord absolu. Une simple majorité peut suffir.

Ahh ces athées qui nous font des cours d’islamologie… C’est pas triste.

Commentaire : « Les croyants n’ont pas à donner leur accord mais à suivre les savants. Il n’y a aucune démocratie du savoir en Islam. »
C’est ce genre d’affirmation qui a posé un couvercle sur la réflexion musulmane, qui, rappelons-le encore, est un devoir pour tous les hommes selon le Coran.
Pour ce qui est de la démocratie du savoir, le Coran dit aussi : les croyants « se consultent entre eux au sujet de leurs affaires » (42 : 38), ce qui concerne même le prophète : « Consultez-les quand il s’agit de prendre une décision ! Mais, une fois la décision prise, place ta confiance en Dieu ! » (3 :159).

 

En conclusion. Un consensus peut être un indice de vérité mais pas une preuve de vérité.

Un consensus n’est pas un argument, mais un fait, qui demande à être interprété : pourquoi y-a-t-il eu consensus ; sur quelles bases coraniques, logiques, culturelles, etc.
L’apparition de nouvelles recherches ne doit pas être écartée mais doit faire l’objet des mêmes questions : quelle est la base coranique, rationnelle, etc.

Ce qui revient à dire que le consensus n’est pas figé et fermé, mais peut évoluer.

Les savants ne sont pas là pour être suivis mais pour nous instruire. Cette instruction ne doit ni s’arrêter à eux ni commencer avec eux. Outre les savants, Dieu donne à chacun de nous Sa Parole, la Sunna et la raison. C’est non pas seulement chez des spécialistes qui seraient réputés infaillibles, mais en chacun que doit se réaliser l’Ijma (l’accord) de la Parole, de la Sunna et de la raison.

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