Plusieurs versets du Coran affirment d’une part que la Torah et l’évangile contiennent la Parole de Dieu, bien qu’il y ait eu des altérations de ces Livres, d’autre part que les juifs et les chrétiens qui suivent la Parole de Dieu dans la Torah et l’évangile sont agréés, ce qui est logique.

Par contre, selon une interprétation répandue, les juifs et les chrétiens qui suivent aujourd’hui la Parole de Dieu dans la Torah et l’évangile sans se convertir à l’Islam ne seraient plus agréés, et même pire, ne seraient plus croyants.
S’ensuivent de longues explications pour déterminer s’ils iront en enfer, et combien de temps, et pour quel degré de châtiment.

Rappelons d’abord que le Jugement n’appartient qu’à Dieu.
Qu’ensuite ce n’est pas à nous humains mais à Dieu de déterminer si les bonnes actions pèsent plus ou moins lourds que la croyance.

Enfin notons qu’un cas de figure n’est jamais pris en considération par cette interprétation répandue : celui où, bien que connaissant évidemment l’existence de l’Islam, un juif ou un chrétien n’en a pas une connaissance réelle mais seulement superficielle ; ou en a une compréhension incomplète – cas de bien des musulmans – ; ou encore en a une bonne compréhension mais reste attaché à sa religion pour des raisons louables (par exemple propagation de la Parole de Dieu au sein de sa religion).
En ajoutant que ce chrétien ou ce juif ne combat aucunement l’Islam, mais au contraire travaille à un rapprochement.

Il est évident que dans ce cas, il s’agit d’un chrétien ou d’un juif dans le même sens que ceux qui suivaient la Parole de Dieu dans la Torah et l’évangile avant le Coran.

Ce qui relève d’un autre constat : il n’y a pas linéarité et irréversibilité dans l’évolution : dans une même époque coexistent des personnes représentant des stades actuels de l’évolution avec d’autres personnes représentant des stades antérieurs et encore d’autres personnes représentant des stades avancés. Les brutes côtoient les sages.
Tout cela détruit au moins du point de vue rationnel et spirituel toute présomption à faire entrer dans des cases rigides qui que ce soit et invite au contraire à l’humilité quant à sa propre islamité, son propre degré de compréhension, de piété, de bonté et d’évolution.

Pour finir, une petite explication de texte en 3/64 :

« Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous… »

Que lit-on ? Que le « nous » et le « vous » sont maintenus ; et qu’entre les deux, le Coran propose une « parole commune ».
C’est la définition même de la convention : con-venir, c’est  venir l’un et l’autre sur un terrain commun.
Et non pas venir sur le terrain de l’autre.
Le Coran demande aux musulmans d’appeler  les juifs, les chrétiens à une convention, pas à une conversion.

«… que nous n’adorions que Dieu, que nous ne Lui associons rien, et que nous ne nous prenions pas les uns les autres pour seigneurs [maîtres] au lieu de Dieu.»
Voilà donc quelle est cette Parole « commune », que l’on trouve chez « vous », gens du Livre et chez « nous », musulmans, et qui peut faire l’objet d’un accord, d’une convention, d’un contrat valable pour les deux parties : et cette Parole, c’est le monothéisme strict, tel qu’il se trouve effectivement déjà dans la Torah et l’évangile.

« S’ils se détournent, dites alors : « Soyez témoins que nous sommes soumis ».
Si des gens du Livre refusent cet accord, pas de convention, pas d’accord possible. Il est par contre seulement demandé au musulman de les prendre à témoin de cette divergence. Celle-ci sera éclaircie par Dieu.

En conclusion.
Le Coran nous appelle à chercher l’accord avec les gens du Livre sur la Parole qui nous est commune, celle qui se trouve dans la Torah, l’évangile et le Coran.

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