En physique quantique (celle qui étudie le comportement des atomes et des particules) il n’y a plus de déterminisme linéaire, autrement dit plus de causalité fixe. On parle d’intrication quantique : un phénomène dans lequel l’état quantique de deux objets doit être décrit globalement, sans pouvoir séparer un objet de l’autre, bien qu’ils puissent être spatialement séparés.

« Déjà la physique classique nous apprenait qu’alors que le caillou est pour nous le symbole du “plein”, il est, en fait, principalement constitué de vide (le vide entre les noyaux et les électrons). Mais la non-séparabilité nous laisse entendre qu’à rigoureusement parler il n’existe même pas en qualité d’être distinct. Que son “état quantique” est “enchevêtré” (c’est le mot technique) avec celui de tout le reste de l’univers. »
Bernard d’Espagnat, Traité de physique et de philosophie.

Le réel se révèle non pas composé de « choses » séparées et localisées, selon la notion cartésienne qui a prévalu en science depuis quatre siècles, mais comme la manifestation paradoxale de l’Unique.
…..C’est dire que l’interprétation superficielle qui reprend à son compte l’expression d’Einstein : « Dieu ne joue pas aux dés » ne fait que projeter dans les profondeurs insondables de la réalité une grille explicative qui ne s’applique en toute rigueur qu’aux phénomènes en général (les « choses » telles que nous les percevons), mais pas à ce qu’est – en soi – la réalité.
Nous ne savons pas à quoi Dieu joue ni s’il joue, ni comment il joue.
Ce que nous pouvons dire, en acceptant le principe de non-séparabilité, c’est que le déterminisme de la physique classique cède la place en physique quantique à un univers profond fait de potentialités, plutôt que de faits.
La nécessité et ses rassurantes causalités chosifiées n’est que la manifestation phénoménale, la partie émergée d’un réel où règnent la possibilité et la puissance infinie.
Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de cause à tout ce qui existe ; cela signifie seulement que s’il y a une Cause des causes, celle-ci ne se laisse pas mettre en boite dans le tiroir des lois de la physique.
Dieu ne joue sans doute pas aux dès, mais Dieu n’a pas non plus besoin d’obéir au déterminisme.
Dieu Crée.

verset2

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