L’Enseignement coranique et bien sûr celui du prophète Muhammad saws enseignent la mesure, le naturel, mais jamais la plongée dans l’ésotérique.

« Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Dieu n’aime pas ceux qui commettent des excès. » Coran (7/31)
La création dans laquelle nous sommes placés est en elle-même source inépuisable de Signes, que ce soit au dehors ou au-dedans de chacun(e).

« Notre Seigneur, dit Moïse, est Celui qui a donné à chaque chose sa propre mesure puis l’a dirigée ». Coran (20/50)

« Que de signes évidents dans les Cieux et sur la Terre devant lesquels les hommes passent et dont ils se détournent ! » (12/105)


Ces Signes que le Coran évoque abondamment ne sont pas figés ou statiques, mais s’allument comme des phares sur le chemin de l’évolution, quelle soit personnelle ou collective, brillant de façon de plus en plus intense quand cette évolution devient ascendante : élévation.

Nous en avons la plus éclatante des illustrations dans les sublimes premiers versets de la Sourate de l’Étoile (An-Najm) :

« Par l’étoile lorsqu’elle décline !  En vérité, votre compatriote n’est ni un égaré ni un illuminé  et il ne dit rien sous l’effet de la passion !  Ce n’est en fait qu’une révélation inspirée que lui a enseignée un être d’une force prodigieuse,  doué d’une sagacité inouïe, qui se manifesta devant lui sous sa forme angélique,  alors qu’il se trouvait à l’horizon suprême. Puis l’être se laissa glisser et s’approcha jusqu’à ce qu’il ne fût qu’à une distance de deux portées d’arc ou moins encore. C’est alors que Dieu révéla à Son Serviteur ce qu’Il voulait lui révéler. Et le cœur ne saurait démentir ce que les yeux ont vu. Allez-vous donc lui contester ce qu’il a de ses propres yeux vu, et alors qu’il l’avait déjà vu lors d’une précédente apparition, près du Lotus de la limite, non loin du Jardin du séjour des bienheureux au moment où un voile indéfinissable recouvrait le Lotus ?  Le regard du Prophète n’a ni dévié ni outrepassé la mesure,  et c’est ainsi qu’il lui fut donné de voir certains des plus grands signes de son Seigneur. »

Si le prophète a pu voir « certains des plus grands signes », c’est simplement parce que son « regard » n’a « ni dévié » de la Fitra (la poussée naturelle vers Dieu communiquée à tous les êtres), « ni outrepassé la mesure » de sa vocation.

Muhammad saws, après avoir traversé et enduré dans les premiers temps de la Révélation les plus rudes épreuves qu’un homme puisse connaître, était resté lui-même, Al Amine, le digne de confiance, le cœur droit, l’homme qui ne rechignait pas aux taches les plus humbles ; rien et même tout le contraire d’un « illuminé ».
Cela nous montre que les Secrets divins les mieux gardés se dévoilent en leur temps à ceux qui sont prêts, sans besoin de voyance, de techniques d’éveil ou de contorsions physiques et spirituelles quelles qu’elles soient.

Bien au contraire, celui qui cherche à voir au-delà de la vision à laquelle il est arrivé par le développement naturel d’une vie spirituelle vécue parmi les hommes, s’aveuglera d’être aveuglé :

« Que ne parcourent-ils la Terre pour acquérir des cœurs aptes à comprendre et des oreilles aptes à entendre? En vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les cœurs qui battent dans les poitrines qui s’aveuglent. » (22/46)

La vision lumineuse est donnée dans la Parole révélée et s’enracine naturellement, étapes par étapes, sous  la veillée des anges, dans la vie de chaque personne qui chemine sincèrement vers Dieu.

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