Le problème que la communauté musulmane commence à entrevoir, c’est que, non pas le Coran lui-même bien sûr, mais la compréhension du Coran, a été en partie déviée dans un sens autoritaire et injuste – qui contredit ouvertement l’esprit de Miséricorde qui forme, lui, le véritable Pilier de toute compréhension et évidemment de toute mise en application.

Le Dit coranique, qui relève originellement de l’oralité, ne posait sans aucun doute que très peu de difficultés lors de sa révélation : le contexte était actuel, le sens des mots était communément partagé, le prophète était lui-même inspiré et assisté par l’ange pour expliciter droitement ce qui aurait pu prêter à de fausses interprétations.

Mais dans les générations suivantes, le texte s’était fatalement sédimenté et l’exégèse prit le relais.
Seulement voilà, celle-ci ne s’appuya pas tant sur le Coran lui-même, que sur une interprétation au travers des hadiths. Or les hadiths rapportant des paroles directes du prophète (saws) sont bien moins nombreux que les paroles rapportées indirectement. En outre, on ne peut pas non plus considérer les chaînes de transmission comme totalement infaillibles. Enfin, et surtout, cette approche par le hadith ne pouvait (et ne saurait) remplacer l’étude du Texte… par le Texte lui-même !
Or le Coran se donne comme une Parole harmonieuse, rationnelle et sans contradictions : ce qui fournit, si on y réfléchit, une excellente première base méthodologique pour toute interprétation. Il suffit en effet de soumettre patiemment au Tout coranique la partie posant éventuellement problème.
 « Ne réfléchissent-ils pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre que Dieu, ils y
trouveraient de nombreuses contradictions. » [4:82]

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Il suffit en fait de retourner la Lumière coranique sur elle-même, puisque le Coran s’affirme – avec une impressionnante insistance – comme Source inépuisable de réflexion et de rationalité sur la création, l’univers, les hommes… mais aussi sur lui-même.
« Nous avons fait descendre (le Livre explicite ) en un Coran arabe, afin que vous compreniez. »[12:2]
« Ne réfléchissent-ils pas sur le Coran ? Ou y a-t-il des cadenas sur leur cœur ? » [47:24] 

Le Coran est donc ainsi équipé de lui-même de la clé pour l’entrée principale ouvrant à sa compréhension, sans besoin d’aller chercher, sinon accessoirement, les services d’autres  serruriers.

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En s’éloignant de l’époque de la Révélation, la langue arabe, en elle-même éminemment polysémique, a évolué, et les sens aussi.
Là encore, c’est le Coran reçu dans sa cohérence principielle qui fournit la clé interprétative, clé que nous avons nommée dès le début de cette réflexion.
Cette clé, c’est bien évidemment l’esprit de Miséricorde qui forme le Pilier fondamental de toute compréhension et de toute mise en application :

LE TOUT MISÉRICORDIEUX, LE TRÈS MISÉRICORDIEUX, rappelé au départ de toutes les sourates exceptée la Sourate 9, Le repentir.

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Ainsi, quand on propose un autre sens (miséricordieux) – tout aussi légitime – là où un certain sens (non miséricordieux) a été choisi, on se rend à chaque fois compte que  :

1) le verset est parfaitement clair ;

2) il entre en harmonie et en résonance  avec le Tout coranique, sans besoin de recourir à un tour de force exégétique.

Les exemples sont multiples, nous avons commencé et nous continuerons à les étudier dans les semaines et les mois à venir, insha’Allah.

Nous n’en prendrons qu’un ici, pour conclure :

=> Le mot arabe « adhribuhunna » dérive de la racine « dharaba » : il peut signifier « frapper » ou… éloigner. On voit que, rapporté à nos soeurs, la différence est loin d’être anodine…

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Nous recommandons à ceux que le sujet intéresse, de s’intéresser de près aux études du Dr Al ‘Ajamî, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, et dont le travail va, nous semble-t-il, complètement dans la direction esquissée dans ce modeste article.

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