Le Coran vient rappeler, confirmer et rétablir les Écritures antérieures : « À toi aussi Nous avons révélé le Coran, expression de la pure Vérité, qui est venu confirmer les Écritures antérieures et les préserver de toute altération. », Al-Maidah 5.48. De la sorte, ces Écritures redeviennent lisibles ; le Coran en fournit la Clé en quelque sorte. Dispense-t-il de les lire ?

clé

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Jamais cela n’est exprimé dans le Coran.  Non seulement ce n’est pas exprimé, mais il est dit :

« Ô gens des Écritures ! Tant que vous ne vous conformerez pas à la Thora, à l’Évangile et à ce qui vous a été révélé par le Seigneur, vous n’accomplirez rien de valable ! », Al-Maidah 5.68.

Cela signifie que même altérées, ces Écritures laissent percer la Lumière de Dieu, et que les croyants juifs et chrétiens sincères et cherchant la Vérité peuvent l’y retrouver et « s’y conformer ».

D’ailleurs le Coran n’appelle pas les croyants juifs et chrétiens à se convertir, mais à s’entendre avec les musulmans sur une Parole commune :

« Dis : Ô gens des Écritures ! Mettons-nous d’accord sur une formule valable pour nous et pour vous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en dehors de Dieu. S’ils s’y refusent, dites-leur : Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière.», Al-i’Imran 3.64

Variante :

«  Dis : Ô gens du Livre, venez à une Parole commune entre nous et vous : que  nous n’adorerons que Dieu, que nous ne Lui associerons rien, et que nous ne nous prendrons pas les uns les autres pour seigneurs au lieu de Dieu. S’ils se détournent, dites alors : Soyez témoins que nous sommes soumis ».

Il s’agit clairement ici de former une Communauté des croyants ; « sans contrainte », Al-Baqara, 2.256, liée par une « Parole commune » valable pour chaque communauté particulière au sein de la Communauté des croyants.
Le Coran ne demande pas, ici encore, aux gens du Livre de renoncer à la Torah ou à l’évangile, mais bien d’y puiser la Parole commune entre eux et les musulmans (« entre vous et nous »).

Certes pourtant , Al-i’Imran 3.85. avertit : « Quiconque recherche en dehors de l’islam une autre religion, celle-ci ne sera point acceptée de Lui , et dans l’autre monde, il sera du nombre des réprouvés. »

Arrêtons-nous sur ce verset.

Dans un sens fondamental il désigne l’Islam qui se trouve au cœur de la Torah, de l’évangile et du Coran.

En ce sens fondamental, il peut viser ceux qui, ayant connu l’Islam au cœur de la Torah, de l’évangile et du Coran, cherchent à le transformer en une autre religion, dont ils seront évidemment les « associés » en chef.

« Gardez-vous encore l’espoir de les voir un jour partager votre foi, alors que certains d’entre eux ont déjà altéré sciemment la Parole de Dieu, après en avoir bien saisi le sens? », Al-Baqara 2.75.

Dans un sens plus spécifique, il peut viser aussi ceux qui, ayant accueilli le Coran, cherchent pourtant à s’en détourner ou à le déformer comme l’a été la Parole auparavant :

« Il s’en est fallu de peu que leur tentation ne te fît abandonner ce que Nous t’avons révélé, dans l’espoir de t’amener à forger de fausses révélations et à Nous les imputer, moyennant quoi ils t’auraient adopté pour ami intime. », Al-Isra 17.73.

Dans tous les cas, le Coran parle de gens qui « recherchent » une autre religion que l’Islam, mais non de ceux qui, l’ayant trouvé, l’ont gardé et pratiqué :

« Certes, ceux qui ont cru, ceux qui ont adopté le judaïsme, les chrétiens, les sabéens, quiconque parmi eux a cru en Dieu, au Jugement dernier et a pratiqué le bien trouvera sa récompense auprès de son Seigneur et ne ressentira ni crainte ni chagrin. », Al-Baqara 2.62.

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Revenons donc à présent aux Écritures.

Nous avons vu que le Coran ; les confirme ; précise que des juifs et des chrétiens ont su y trouver (et en appliquer) l’Islam, ; que le Coran enfin en constitue en quelque sorte le Filtre.

Faut-il dès lors les étudier ou le Coran nous en dispense-t-il ?

Il ne dit pas qu’il nous en dispense en tout cas ! Ni qu’il serait interdit de les étudier !

Le Coran nous Appelle par contre – fondamentalement, constamment – à méditer, réfléchir à tous les Signes de Dieu.

Un signe, qu’est-ce que c’est ? C’est une marque, une trace ayant du sens : c’est-à-dire  proprement un message, une inscription.
Or il y a nécessairement des Signes de Dieu dans les Écritures ! Tout n’a pas été altéré au point de ne plus être que mensonge. Cela non plus, le Coran ne le dit pas. Au contraire :

« Ces vérités se trouvent déjà inscrites dans les Écritures anciennes », Al-A’la 87.18.

Il faut donc être attentif dans l’approche de ces Textes, sans généraliser négativement :

« Et ne sois pas non plus de ceux qui traitent de mensonges les Signes de Dieu, sinon tu serais du nombre des perdants ! », Yunus 10.95.

D’ailleurs les faussaires eux-mêmes ne s’y trompent pas :

« Lorsqu’un envoyé de Dieu est venu leur confirmer ce qu’ils avaient déjà reçu, bon nombre de scripturaires rejetèrent délibérément le Livre de Dieu, comme s’ils n’avaient jamais été initiés aux Écritures. », Al-Baqara 2.101.

D’ailleurs encore, avec le Coran comme Lumière, voici que « maintenant la Vérité se distingue nettement de l’erreur. », Al-Baqara 2.256.

Mais pourquoi ne pas s’en tenir au Coran pourrait-on se demander ? D’abord, le Coran ne demande pas de s’en tenir à lui, mais de se « saisir » de lui comme de « l’anse la plus solide » (idem).

Ensuite le Coran n’épuise pas la Parole de Dieu !

 «Si la mer se changeait en encre pour transcrire les paroles de mon Seigneur, la mer serait assurément tarie avant que ne soient épuisées les paroles divines, dussions-nous y ajouter une quantité d’encre égale à la première.», Al-Kahf 18.109.

Se fermer à d’autres manifestations de cette Parole, c’est alors risquer de tarir cette Parole.
Or la Parole coranique est ouverture à l’infini de la Parole et non fermeture :

« Quand bien même tous les arbres de la terre se transformeraient en plumes, et quand bien même la mer, grossie de sept autres mers, deviendrait un océan d’encre pour écrire la Parole divine, que Dieu aurait encore d’autres messages à transmettre ! Car Dieu est, en vérité, le Tout-Puissant, le Sage. », Luqman 31.27.

Chercher la Parole de Dieu dans les écritures, c’est aussi approfondir la connaissance de Sa Parole infinie.
Ce n’est pas une obligation ! C’est juste possible, souhaitable.
Comme l’a recommandé ardemment le prophète (saws) :

« Cherchez la connaissance, jusqu’en Chine s’il le faut » (At-Tabarani).

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