Voici des extraits choisis d’un long article dont on n’est pas tenu de reprendre tous les termes mais qui témoigne d’une compréhension et d’une ouverture aussi rares que pertinentes.  

En bas d’article le lien vers le texte complet.

« Donnons une image : celle de l’arbre. Le judaisme est le tronc, le christianisme constitue les branches maîtresses et l’islam les branches secondaires. L’arbre serait incomplet s’il n’y avait pas le tronc, les branches maîtresses et les branches secondaires. Le tronc serait incomplet et inutile sans les branches maîtresses et secondaires. Et les branches maîtresses ont besoin, pour accomplir leur mission, de l’existence du tronc. Et les branches secondaires ont besoin, pour accomplir leur mission de l’existence du tronc et des branches maîtresses.

L’islam doit reconnaître qu’il a son fondement dans le judaisme et le christianisme. Et le christianisme doit reconnaître qu’il a son fondement dans le judaisme.

Cette image de l’arbre rend compte d’une succession chronologique entre le judaisme, le christianisme et l’islam. Mais il est possible de donner une image spatiale de l’articulation des trois monothéismes. C’est celle de trois cercles concentriques qui rendent compte de l’extension et de l’universalisation progressive du champ du monothéisme. Le cercle central représente le judaisme. Le second représente le christianisme qui étend le monothéisme à un cercle plus large au-delà des limites du judaisme. Et l’islam étend le monothéisme à un cercle plus large encore : le champ des peuples extérieurs au champ de l’Eglise chrétienne du VIIe siècle.

La mission du christianisme est plus universelle que celle du judaisme (elle concerne les gentils alors que la mission du judaisme concerne les seuls juifs) et la mission de l’islam est encore plus universelle (le prophète Mohamed, au VIIe siècle s’est adressé aux tribus païennes qui n’avaient été touchées ni par le judaisme ni par la mission chrétienne). »

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« Le christianisme doit affirmer que la prédication du Dieu d’Israël et de Jésus-Christ se poursuit et se renouvelle sous l’action du Saint-Esprit après Jésus-Christ et même après la période néo-testamentaire. Et on peut parfaitement considérer le Coran comme une forme de prédication du Dieu d’Israël et de Jésus-Christ, cette prédication ayant été actualisée, sous l’action du St-Esprit, dans le contexte du VIe siècle de notre ère.

Les Chrétiens sont en dette par rapport aux Musulmans. Les Musulmans reconnaissent Jésus et les Chrétiens ne reconnaissent pas Mohamed. Et ils ont tort, au nom même des principes du christianisme (incarnation de la Parole de Dieu dans des cultures différentes, insistance sur le fait que la Révélation de Dieu est continue dans l’histoire et peut progresser ou se modifier au cours de l’histoire, insistance sur la fonction de l’Esprit-Saint après Jésus-Christ). L’Incarnation de Dieu dans un juif du premier siècle (Jésus) ne doit pas être considérée comme le lieu exclusif et unique de l’Incarnation de Dieu mais comme le prototype de l’Incarnation de Dieu dans la variété des cultures et des époques.

Bien sûr, il n’est pas question pour les chrétiens de reconnaître Mohamed comme étant à l’égal de Jésus-Christ. Mais ceci, même les Musulmans ne le font pas : ils n’accordent en aucune manière à Mohamed les titres prestigieux qu’ils accordent à Jésus. »

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« L’islam se présente d’une part comme une réforme au sein du judéo-christianisme (non pas tant par rapport au judéo-christianisme authentique et éternel mais par rapport à ses déviations et une réinstauration de la vérité du monothéisme authentique.

Et il faut reconnaître qu’il vise souvent juste et vrai.

Et il se présente aussi, d’autre part, comme une prédication missionnaire hors du « champ » qui a été couvert par le judéo-christianisme. Et sur ce point aussi, on ne peut que lui reconnaître une grande légitimité puisque, incontestablement, il a conduit à la connaissance du Dieu d’Abraham, de Moïse et de Jésus-Christ de nombreux peuples qui n’avaient pas été atteints par la mission chrétienne. »

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« Puisque le champ couvert par le judéo-christianisme a son origine seulement en Isaac et Moïse, l’islam s’enracinera en Abraham, père d’Isaac (et par là du judaisme) et aussi d’Ismaël. Il consacrera ses efforts au rameau ismaélien de la descendance d’Abraham, comme s’il ne voulait pas concurrencer le judaisme sur son propre terrain ; En effet, dans la descendance d’Abraham, Ismaël est l’ancêtre des non-juifs et par là même des non-chrétiens. »

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« Ainsi, par rapport au judaisme et au christianisme, la spécificité de l’islam est, du moins dans son principe, sa prétention à être une religion universelle. Et cette universalité, ce n’est pas seulement une manière de caractériser le champ du monde qu’il veut couvrir (le christianisme aussi a une prétention à l’universalité), c’est aussi la caractéristique de ses dogmes et de ses rituels. La confession de foi de l’islam et ses rituels se veulent universellement accessibles et signifiants.

Au contraire, le christianisme est fondé et limité par une confession de foi spécifique qui n’a pas de sens universel et par des sacrements spécifiques dont la sémantique ne peut être reconnue par tous les croyants, et à plus forte raison par l’humanité entière.

Pour l’islam, il n’y a pas comme pour Israël de signe de la différence entre « le peuple élu » et le reste de l’humanité. Il n’y a non plus de baptême qui, comme dans le christianisme, délimiterait la limite entre l’Eglise et le reste de l’humanité.

Entre la verticalité de la transcendance de Dieu et l’horizontalité de la pratique rituelle, il n’y a aucune médiation, aucun intermédiaire, aucun sacrement.

La révélation de l’islam ne s’effectue pas dans une histoire particulière, comme dans le judaisme, ni dans et par une incarnation comme dans le christianisme. L’islam insiste sur le caractère limité de la mission de Jésus tandis que Mohamed a été envoyé au monde entier et que l’islam est valable jusqu’à la fin des temps. »

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« On peut également noter que Jésus considérait que la Parole de Dieu pouvait être énoncée, même après lui, en dehors du champ du judaisme puisqu’il a dit : « beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et ils s’assiéront à la même table qu’Abraham, qu’Isaac et Jacob » (Mat 8, 11). On peut donc considérer qu’il a pu accepter que la parole de Dieu soit prêchée après lui hors du judaisme et du christianisme. Puisque Jésus a reconnu la légitimité de la foi des païens (la Syro-phénicienne, le centurion romain), on peut considérer qu’il aurait pu également légitimer la foi des musulmans et le fait que Dieu pouvait parler par l’intermédiaire de leur prophète.

Autre point. Les prophètes qui ont été les annonciateurs du Messie n’étaient pas tous juifs (cf. Cyrus, rois des Perses). Si Jésus a pu être en lui-même la récapitulation d’un prophétisme qui n’était pas uniquement juif, pourquoi ne pourrait-il pas être la source d’un prophétisme extérieur au judéo-christianisme ? Rappelons que Mohamed se réclame de Jésus et qu’il le considère comme une source.

Nous ne voyons donc aucun obstacle à ce que le christianisme reconnaisse une légitimité à la prédication de Mohamed. »

Pasteur Alain Houziaux

Alain-Houziaux

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