« Eh bien, c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes et par UNE LANGUE ÉTRANGÈRE, QUE L’ÉTERNEL PARLERA A CE PEUPLE. »Isaïe, 28:11

– J’ai sélectionné des extraits d’un très long article, pour ne pas décourager la lecture, qui est déjà longue ainsi.Ces extraits croisés de la Torah et du Coran, et les commentaires qui les accompagnent sont très intéressants parce qu’ils éclairent bien les destins croisés/séparés/reliés que la Sagesse et la Miséricorde de Dieu ont tracé depuis Abraham pour que Sa Parole, comme Zamzam, ne Se tarisse jamais.

Comme l’a écrit Martin Lings, « la Genèse » est « le livre consacré à Isaac et à sa descendance, et non à l’autre lignée d’Abraham ». Muhammad Asad écrit de même : « Seul le début de l’histoire d’Ismaël et de sa mère figure dans l’Ancien Testament, car ses développements ultérieurs ne concernent pas directement les destinées du peuple hébreu, auxquels le livre est principalement consacré ».

Martin Lings écrit : « Ce n’était pas une seule mais deux grandes nations qui devaient regarder Abraham comme leur père.

Deux grandes nations, c’est-à-dire deux puissances bien guidées, deux instruments faits pour accomplir la Volonté du Ciel, car la bénédiction promise par Dieu n’est pas d’ordre profane, et il n’est de grandeur devant Dieu que la grandeur selon l’Esprit. Ainsi Abraham fut-il la source de deux courants spirituels, qui ne devaient pas s’écouler ensemble mais suivre chacun son propre cours. »

(…)

« Et lorsque Abraham dit à son père et à son peuple : « Je suis innocent de (tout) ce à quoi vous rendez un culte, excepté Celui qui m’a créé, car Lui va me guider ». Et il fit de cette (déclaration) une parole se perpétuant parmi ses descendants. Peut-être reviendront-ils » (Coran 43/26-28).

(…)

« Et lorsque Abraham ainsi que Ismaël élevaient les assises de la Maison [la Kaaba]. « O notre Seigneur, accepte de nous, Tu es, Toi, Celui qui entend, Celui qui sait. O notre Seigneur, fais de nous deux personnes soumises à Toi, et de notre descendance suscite une nation soumise à Toi. Enseigne-nous nos rites (de pèlerinage). Et accepte notre retour à Toi. Tu es, Toi, Celui qui accepte le retour, le Miséricordieux. O notre Seigneur, suscite parmi (cette nation) un messager issue d’elle-même, qui leur récite Tes signes, leur enseigne le Livre et la sagesse, et les purifie. Tu es, Toi, le Puissant, le Sage » (Coran 2/127-129)

(…)

Le récit de la Torah dit qu’Ismaël s’installa au mont Parân : « Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C’était un tireur d’arc ; il habita dans le désert de Parân, et sa mère lui fit épouser une femme du pays d’Egypte » (Genèse 21/20-21).

(…)

« Les Ismaélites demeurèrent de Hawila à Shour, aux confins de l’Egypte, jusqu’à Ashour… » (Genèse 25/18)

(…)

« Le Seigneur est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Séïr, il a resplendi depuis le mont de Parân » (Deutéronome 33/2)Cette prophétie semble désigner des Révélations de Dieu.Si on considère l’avis selon lequel il s’agit du désert qui va jusqu’à la péninsule arabique, les choses deviennent claires : à la Mecque a eu lieu la révélation d’une grande partie du Coran à Muhammad, descendant d’Ismaël. Dans le commentaire de la TOB sur ce verset, on lit : « mont de Parân : localisation incertaine ; on peut le mettre en rapport avec le désert de Parân (voir Gn 21/21 et la note) Ha 3.3 » (TOB p. 256).

(…)

Le livre de la Genèse relate qu’Abraham n’avait pas d’enfants et qu’il ne nourrissait plus l’espoir d’en avoir. Une nuit, Dieu le fit sortir de sa tente et lui dit : « Lève les yeux au ciel et compte les étoiles si tu peux les dénombrer. » Et tandis qu’Abraham plongeait son regard dans la voûte céleste, il entendit la voix lui dire : « Telle sera ta postérité » [Genèse 15/5].

Sarah, l’épouse d’Abraham, avait alors soixante-seize ans, et lui en avait quatre-vingt-cinq. Elle lui donna sa servante Agar, une Egyptienne, afin qu’il la prît comme seconde épouse. Mais les rapports s’aigrirent entre la maîtresse et la servante [devenue enceinte], et Agar s’enfuit de devant la colère de Sarah, implorant Dieu dans son infortune.

Il lui envoya un Ange avec ce message : « Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra pas la compter. » Et l’Ange ajouta : « Voici, tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car le Seigneur t’a entendue dans ta détresse » [Genèse 16/10-11]. Alors Agar retourna auprès d’Abraham et de Sarah et leur rapporta les paroles de l’Ange. Et quand vint la naissance, Abraham nomma son fils Ismaël, ce qui signifie : « Dieu entend ».

(…)

Sarah donna naissance à Isaac, et ce fut elle-même qui l’allaita. Lorsqu’il fut sevré, elle dit à Abraham qu’Agar et son fils ne devaient pas demeurer plus longtemps dans leur foyer. Abraham en fut affligé, car il aimait Ismaël. Mais Dieu lui parla à nouveau, lui disant de suivre le conseil de Sarah et de ne point s’attrister ; et Il lui renouvela sa promesse qu’Ismaël serait béni.

(…)

Les Ecritures ne nous disent pas comment Agar et son fils atteignirent Bacca.

(…)

Mais après peu de temps la mère et l’enfant commencèrent à souffrir de la soif, au point qu’Agar craignit pour la vie d’Ismaël. Selon les traditions rapportées par leurs descendants, celui-ci, couché sur le sable, élevait ses plaintes vers le Ciel tandis que sa mère, debout sur un rocher au pied d’une éminence voisine, cherchait à voir si quelque secours était en vue. N’apercevant personne, elle gagna rapidement un autre promontoire rocheux d’où son regard ne put découvrir âme qui vive.

A demi égarée par la détresse, elle parcourut ainsi par sept fois la distance séparant les deux monticules jusqu’à ce que, s’étant enfin assise pour se reposer sur le rocher le plus éloigné, elle entendît la voix de l’Ange. Selon la Genèse : Dieu entendit la voix de l’enfant et l’Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix de l’enfant dans le lieu où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et prends-le par la main, car Je ferai de lui une grande nation. »

Dieu lui ouvrit alors les yeux et elle vit un puits d’eau [Genèse 21/17-20]. L’eau étant celle d’une source que Dieu avait fait jaillir du sable au contact du talon d’Ismaël. Par la suite, la vallée devint rapidement une halte pour les caravanes en raison de l’excellence et de l’abondance de cette eau ; et le puits fut appelé Zemzem. » (1)

(…)

« Et Dieu fut avec l’enfant, il grandit et demeura au désert, et il devint habile à tirer à l’arc. » [Genèse 21/17-20]

______________(1) Note ajoutée : Zamzam est une source miraculeuse pour l’Islam.

Cette source est le puits du sanctuaire de la Kaaba, elle ne s’est jamais tarie.

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